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Dominique, apré Bondie la terre.

Après quelques jours en Guadeloupe, nous remontons sur un bateau, mais a moteur cette fois, le Ferry. Mer Calme, vitesse estimée à 20 nds. Nous repassons devant Marie Galante la galette et notre destination se dessine, la Dominique sort de l’eau, pas de plat en vue. Avec 46km de long et 25km de large, les 75000 habitants trônent sur sept volcans verts.

Débarquement à Roseau, la capitale, confiscation des fruits et légumes pour éviter toute contamination, et nous échappons au lavage à la brosse de nos roues. Premier contact très agréable, même avec la douane. On ne peut pas en dire autant de la Guadeloupe où la nonchalance sociale est reine.

Le premier « welcome to Dominica » résonne, celui du tamponneur de passeport. Un chaleureux conseil suit la formule d’accueil: « Drive left, left side, left ». Un héritage anglais.

Dépossédé de notre déjeuner, nous filons vers le marché sous un soleil caribéens. Ornicar et Tefiti se font reluquer, avec un postérieur pareil, sur une île caribéenne, ils s’intègrent.

Déjeuner sympathique au marché et premières rencontres.

Un bateau de croisière est à quai. c’est le moment pour les chauffeurs de taxi, les restaurants et les tour opérator de charmer ces touristes si particuliers. Les croisiéristes sont choyés. Petits magasins de luxe détaxés, centre ville Disney Land, ils sont bien. Le reggae sonne dans cette ruine ou le café est à 3 dollar US. Tout sonne faux mais le touriste semble apprécier l’imposture.

Aller en selle, direction le sud. Nous étudions rapidement un itinéraire pour une semaine. En quittant la ville nous passons devant le palais présidentiel, une sorte de miniature de la Maison Blanche. Quelques centaines de mètre plus loin, une rue classique. Étroite, colorée, pleine d’épicerie et de vie. En nous retournant, on aperçoit ce monstre de métal. Il fume noir. J’y vois le vaisseau mère venant récupérer sa taxe. Ce bateau consomme plus d’énergie que les 20000 âmes de cette capitale plusieurs fois rasées. Cette fois l’île est bien soumise à l’étranger. La violence n’est plus, les fusils et canons se sont tus. Désormais, l’envahisseur arrive avec sa pollution et laisse quelques dollar en compensation. Peu importe, nous roulons. Peu de trafic. Pour rallier le sud, il nous faut passer un versant de montagne. Les cuisses chauffent, les bidons se vident aussi vite que le dénivelé augmente. Je ressens à nouveau la chaleur du corps et le bonheur de tout donner. Mana découvre cela, pas sur que l’on ressente les mêmes choses dans ces moments. Pauses régulières. Le voyage à vélo commence aujourd’hui. Il est 16h, la lumière rouge illumine les Caraïbes. Nous arrivons à Soufrière. Les anglais et les français s’étant régulièrement disputé l’autorité sur l’île de la Dominique, les villes ont une consonance tantôt Anglaise, tantôt française. La route longe la mer paisible, le village de pêcheur de scott’s head apparaît. Les murs sont colorés, la vie paisible, mais l’histoire parle pour eux. Plus de la moitité des maisons sont en ruines ou délabrées. Beaucoup d’habitants sont partis, désarmé face à l’ampleur des dégâts provoqués par Maria, en 2017. Impossible de visiter la Dominique sans constater les dégâts de cet ouragan. Nous sommes 2ans après la catastrophe et déjà beaucoup de travail a été fait, les cicatrices demeurent.

Après une première nuit improvisée au pied d’une antenne, nous partons pour l’ouest de l’île. Nous revenons en parti sur nos pas et prenons la direction de Bellevue Chopin ou nous prévoyons de déjeuner. Bellevue sonne comme la promesse d’une belle ascension, mais pourquoi Chopin? Le pianiste a t-il séjourné ici, un hommage à un boulanger?

Bras bien tendu à droite, tous les contrôles sont faits, on traverse la route. Nous quittons le littoral pour une inexorable montée. Je retrouve les Klaxons d’encouragement, les hurlements de détermination et les gouttes caustiques dans les yeux. Mana suit, plus discrètement mais avec la hargne soigneusement cachée, la moine cycliste. Pauses. Déjà 3h que nous sommes partis et a peine 10km parcourus. Il nous en reste 3, heures, kilomètres, grammes d’énergie. A chaque kilomètres, nous nous élevons de 100m, les virages s’enchaînent, je passe sur du métal, ça aide. Nous arrivons car nous arrivons toujours, et surprise, une belle vue! Vue sur la capitale avec leur diable flottant. De hommes travaillent là, la stupeur de voir deux ânes mécaniques leur offre du répit. L’un en profite pour aiguiser la chaîne de sa machine. Hasard du calendrier, le type choisit le jour de présence d’une infirmière pour s’entamer sérieusement le doigt. Mana sort l’attirail et règle fissa la coupure plus impressionnante que grave. On recroisera quand même l’artiste avec des points… Nous rencontrons Barry, un pompier local, mais aussi chauffeur. Il nous voit épuisés, et pour remercier Mana, nous propose le gite ce soir. Pause déjeuner devant l’école du village, du passage, des salutations, des sourires, un condensé de Dominique en deux heures. Nous retrouvons Barry, et nous nous reposons avant de partager un verre avec lui. Entre tous ces rebondissements, nous avons appris que nous ne pourrons pas poursuivre notre route, emportée par l’ouragan. Nous repartons le lendemain sans but précis. J’allais oublié, pourquoi Chopin? En référence à la chope, chopin en anglais. Pourquoi la chope, joker. Il nous faudra 15 min avec pause versus les 3h de montée pour rejoindre la côte. Première frayeur pour Mana qui réussit son premier freinage d’urgence pour éviter un chien. Retour à Roseau.

Déjeuner et réunion de crise, que fait-on? Direction Wotten Waven où nous devrions retrouver plus tard des amis de Nantes. L’avantage des ascensions, c’est quelle vous emmènent vers la fraîcheur. L’ancienne route a été emportée, nous devons redescendre pour emprunter un autre itinéraire. De la terre, des ornières, je suis épanoui. Dans un dernier effort, Wotten ouvre ses portes. Ce village est connu pour ces sources d’eau chaudes et soufrées. Le calme rayonne, les enfants jouent dans la rue et nous demande de faire des roues arrières. Le petit homme taquin se moque de notre manque de funambulisme et nous double, roue au vent. Les maisons sont modestes et quasiment toutes sont fleuries, les antillais ont la tradition du jardinage, pour manger, pour se soigner, pour la beauté.

De haut en bas du village escarpé, notre tête se balance de droite à gauche à la recherche de notre bivouac. Rien à première vue. Nous demandons à un jardinier qui nous avait chaleureusement salué. Il est rasta, grand-père, fort, sage. Il nous invite à goûter les jus que sa femme prépare. Son « baché » diffuse un doux « don’t worry be happy». L’endroit est beau, table faite dans une souche, chaises de jardinier maison, des fleurs partout. Les rafraîchissements arrive dans une couleur jamais vu auparavant, à part peut être dans un bon bourgogne ou dans les breuvages d’un ami druide. Un jus floral, détonant, doux, suave, un jus de fleur d’hibiscus, une merveille, « so real ».

Nous échangeons sur le voyage, sur la vie en Dominique, sur sa famille. À la fin du jus, David nous propose un terrain, le sien. Il dit que nous y serons tranquille, qu’il n’y a pas de passage, qu’il y a une rivière en contrebas et qu’il nous y emmène avec son pickup. Ok, on charge, ou plutôt David charge. À 68 ans, il prend les vélos, les lève à bout de bras et les pose dans la benne, on est scotché!

Nous arrivons au lieu modestement décrit. En fait, pour un voyageur, c’est le paradis! Terrain plat, abrité, tondu, sans cailloux, et avec une rivière descendant directement de sa source. Que demande le peuple migrateur?

Un bon bain à remous à la frontale, une bonne canette de haricots rouge, et un bon sommeil réparateur, parfait. Nous y resterons d’ailleurs toute la matinée pour profiter de la magie de ce lieu, Irie. Midi, déjeuner chez la femme de David, que nous recroisons. Elle cuisine Ital, c’est à dire sans produit d’origine animale, comme le veux la tradition rasta. Non, rasta n’est pas qu’une coiffe oubliée et débrouillarde. Rasta, c’est une philosophie de vie, partagée par 1% des dominicains. Pas de produits animal, respect inconditionnel de la naturel, non accumulation de biens, non violence, du reggae, et de l’herbe pour rester au contact de Jah, grande culture et belles idées. Au milieu des années 70, ils étaient pourchassés et pouvaient être abattus légalement grâce au « Dread act ». Quand le pouvoir, la corruption et la passavité se rejoignent, la violence s’extasie de liberté.

Aujourd’hui est le dernier jour de la décennie. Nous devons retrouver des amis de Nantes que je n’ai pas vu depuis… longtemps. Nous nous donnons rendez-vous dans la soirée, le temps que tout le monde rejoigne son hébergement.

Nous rejoignons le notre, insolite à souhait. Pas d’eau, pas de cuisine, pas de lit mais des hamacs avec une courbe rappelant la fonction carré. On repart. Les joies du RBn’B, ado, je détestais déjà cette musique, comprendra qui peut.

Amusant, la veille, nous sommes dans le plus grand luxe avec eau et espace a volonté, sans prix. Le lendemain, notre déception en aura un.

Un bon repas, et un réveillon sans trémousse. Les dominicains vont à la messe et célèbre la nouvelle année en famille. Pas de bar mais une belle cahute, la ou le seul chemin nous mena, soirée édulcorée et arhumatisée, trébuchante sur la fin. Nous nous disons déjà au revoir avec la promesse de nouvelles retrouvailles, martiniquaises cette fois.

Nous restons quelques jours sur Wotten Waven et déjeunons régulièrement chez David et sa femme. Nous partons vers les chutes de Trafalgar. En sortant du village, nous tombons rapidement sur un pont enjambant une rivière fumante. Par endroit, l’eau bouillante arrive à s’échapper du sol et retomber dans une bassine tapissée de souffre. Plus loin, de petites baraques bordent la route et proposent aux touristes de beaux souvenirs « made in China ». Chaque baraque propose le même assortiment de « décor-frigo », de « ôte-capsule », de « pose-fesse »… En chemin, je rêve de devenir pipotiste pro et investie dans une superbe flûte en bambou, version 7 trous, dont un pour souffler dedans.

Nous entrons dans le parc protégé des chutes qui empruntent un nom symbole d’aventure au village voisin, Trafalgar. D’énorme bloc de pierre rappelant Hampi l’indienne. Pas de dieu singe mais une énergie omniprésente. Chaque bloc doit peser des tonnes que seuls les ouragans arrivent à bouger. Ce lieu à la particularité d’être modifié au gré des forces du ciel. A droite, les chutes de maman (Mama’s falls), à gauche, celle de papa (Papa’s falls). Rien de phallique dans la géométrie mais la vulgaire habitude d’attribuer la masculinité au plus grand et fort jet d’eau. Nous passons de blocs en blocs pour atteindre le point de chute de ces eaux. A ma grande surprise, l’eau est bonne avec autant de degrés qu’un frais mojito … nous poursuivons. Longeant la chute de minéral par la gauche, nous repassons le liquide pour un joli point de vue, le pied de la chute. L’eau est glaciale, comme un Virgin mojito avec trop de glaçons. A gauche s’échappe pourtant vapeurs et eau en ébullition. Incroyable lieu, l’eau qui tombe des cieux retrouve celle qui jaillit de terre, ici glacée, ici brûlante, ici parfaite. Le vert, le jaune, et le rouge, les couleurs des rasta prennent leur origines ici. La nature, le souffre, l’argile. Ces trois couleurs trouvent en ces lieu toutes leurs déclinaisons. Ajoutez à cela un soleil qui vient jouer sur les contrastes comme un publicitaire sur Photoshop et vous obtenez un lieu changeant au fur et à mesure que le soleil se meut. Je vous aurais bien parler du coucher de soleil, mais il me reste encore 15 jours à narrer, en même temps, vous avez le temps de lire en ce moment.

Nous rentrons de nuit appréciant le ciel rempli d’étoiles. De manière générale et poétique, plus la ville est pauvre, plus le ciel est riche. Un débat à ouvrir après le quatrième mojito.

Ornicar et Tefiti sont si heureux ce matin. Ils ne sont plus accoudés mais debouts et fiers. Direction Laudat. 7,6km, étape courte. Sur les 3 derniers kilomètres, il faudra monter de 450m! Dans un effort surhumain, nous doublons une femme à pied, les applications nous donne des pentes jusqu’à 56%, impossible mais ressenti. Comme un rhum qui te sèche sur place, à hurler pour avancer, à transpirer, je pousse beaucoup, Mana avance, coup de pédale après coup de pédale… 3h pour faire 7km… record battu! Si on devait se donner des rôles, je serai le grand frère coach, celui qui fait faire des bêtises et qui dit que c’est bientôt terminé. À chaque virage, la promesse d’un petit mieux. A chaque boucle je sors un « allez, c’est bientôt fini » ou un « allez, encore un peu, on arrive ». Si seul je n’abandonnerai pas ici, je ne sais pas si j’arriverai à suivre quelqu’un vers autant d’ingénieux inconforts . Il est clair ici que le voyage en couple est une histoire de confiance et de respect. Allez là où on n’irait pas seul, agir avec patience. Ne croyez pas que les rôles soient figés, sur l’atlantique, les paroles de Mana m’encourageait à affronter mes plus grandes peurs. Je me souviens de toutes ces discussions sur « le voyage en couple », pour résumer, c’est quitte ou double!

Chaque douleur lente, dans l’attente d’un point de vue, d’une banane, d’un coup d’eau, d’un regard, c’est autant de moments de méditation, d’énergie que l’on capitalise pour plus tard. On reprend la confiance, le respect, en soi et envers l’équipage, tous embarqués dans une même galère et partageant les mêmes succès.

Nous arrivons à Laudat en vainqueur. Nous passons à l’épicerie récupérer quelques vivres. C’est la supérette la plus petite du monde, 25m2 et peu achalandée. Nous rencontrons en route un couple de québécois , Eve et Danny qui traverse à pied l’ile du sud au nord. Nous partageons notre repas avec eux puis nous établissons un camp dans les gradins d’un stade de foot abandonnés par les sportifs et convoités par les fêtards. On pose les hamacs après avoir pris soin d’enlever le verre un peu partout.

On accroche la vache à eau dans les vestiaires abritant des filets, des canettes, une bate de cricket, du fil électrique, nous tenons notre salle d’eau de chantier.

Dîner autour d’une cane de haricots, du riz, des oignons, des sardines grillés, quelques bières, on est bien. Le lendemain c’est pluie. Nous devions aller vers les Middleham falls, mais le temps est contre nous, la flemme, elle, avec nous. Ève et Danny continuent leur route.

On en profite pour retourner à l’épicerie et demander le mari. En effet, notre amie de Nantes m’a tuyauté… le mari de l’épicière a commencé à construire une cabane pour accueillir les marcheurs et touristes de passage.

Les marcheurs, ces randonneurs qui parcourent l’ile de la Dominique par segment, 14 segments, un par jour. Ce chemin passe par les lieux les plus bucoliques de l’île et met les mollets à dure contribution. Le WaituKubuli Trail est un chemin entretenu qui vous emmène à travers la forêt, les rivières, les volcans, dépaysement garanti. Chaque jour, vous passez ou vous arrêtez dans un village pour ravitailler et ou dormir. Dans la catégorie « tourisme écoresponsable », on ne fait pas mieux.

Après une journée de repos, direction l’attraction, le « boiling lake ». Après un réveil aux horreurs et un décollage rapide, nous entamons vers 10h une des plus belles Rando de l’ile. Arrivé au poste de garde sans garde, nous commençons. Des marches en bois, un sentier large, des fougères décimées par les coutelas, le chemin est entretenu. La progression est rapide, jusqu’à ce que le dénivelé, la boue et les cailloux pointent le bout de leur nez crotté. Plus avance plus la difficulté augmente. On aperçoit au loin une montée de fumée, notre diable d’objectif. Il faut maintenant s’aider de frêles ficelles pour descendre en rappel. C’est la vallée de la désolation. Il n’y pousse que quelques végétaux durs à cuire qui s‘épanouisse dans une atmosphère des plus souffrée. Le sol est chaud, l’eau des rus boue, l’air pue.

L’ébouillantage est le châtiment à qui ne posera pas le pied à l’endroit désigné. Lorsque la résurgence est suffisamment loin, la rivière se transforme en spa.

Cela fait déjà 4 heures que nous marchons et ce lac est toujours une promesse. Le mauvais temps se rapproche. Dernier pierrier et voici notre récompense. Un cratère plus grand qu’un pavillon au milieu duquel valse des tornades de nuages chaud et humide. Rien ne vie ici. L’eau semble bouillir, en vérité elle laisse échapper les flatulences d’un magma en digestion. Nous essayons de descendre au pied du lac pour réaliser le « egg challenge ». Chaque randonneur part avec lui pour faire cuire ses œufs sur place. A en juger par le nombre de coquille autour de nous, c’est un rite suivi. Sans vent, l’épais manteau de vapeur cache le lac. Comme la robe blanche d’une actrice blonde, le vent soulève le tissu et laisse apparaître la magie. Le lac pudique ne reste jamais longtemps dévêtu. Coup d’œil sur la montre, pleine conscience sur le corps, il se fait tard, pas vraiment le temps de rester là, tantôt échaudés par le manteau, tantôt congelés par la brise. Nous revenons vers la vallée désolée et sortons les œufs. Nous déjeunons dans un Hammam. Aller, le temps de déconner devant l’objectif et c’est reparti. Il pleut désormais et les 21000 marches de l’aller sont désormais glissantes à souhait. On remonte par la ficelle, on remonte la vallée, le point de vue sur Roseau, on redescend vers la rivière, on remonte dans la forêt, bizarrement le mental nous fait presque courir. Nous sommes arrivés! Baignade dans l’eau froide des gorges de Titou avec douche chaude naturelle. Les jambes se remettent de nos 7h30 de marche et des 42000 marches… et oui, face à la pluie omniprésente une équipe d’agents montent régulièrement pelle et pioche à l’épaule entretenir ce sentier touristique. Seules des marches permettent d’avoir un chemin praticable. Quelle journée. Encore 30 minutes de marche pour rejoindre notre logement. Une effluve me parvient, je crains le pire. Inspection, le chien du propriétaire a pissé dans mes sacoches.

Prochaine destination, Mero. La montée se transforme en descente relativement dangereuse où les voitures me ralentissent. Nous empruntons la plus grosse route de Dominique. Elle relie les deux plus grandes villes que sont Roseau et Portsmouth, prononcez « Porsmoss ». Nous faisons étape à Mero pour la nuit. En arrivant dans le village côtier, réputé touristique, beaucoup de voiture et de monde devant un mur d’enceintes. Impossible de s’entendre, le boomer twerk si fort que le marteau ne décolle plus de l’enclume, une sorte de vacarme silencieux. Nous avançons tant bien que mal à travers la foule qui nous dévisage. Deux blanc sur des vélos, c’est la discrétion assurée. Une seule rue principale qui longe la cote. Nous n’observons aucun terrain calme et nous décidons de demander charité pour un bout de gazon. Dans un courage masculin, c’est Mana qui part à la rencontre de 3 femmes bavardant sur une terrasse. Elles ont l’air méfiante au début mais le courant passe bien. Elles réfléchissent et finalement nous ouvre un portail donnant sur une maison non habité. Nous faisons le tour de la maison, le terrain est paysagé, la mer jouxte l’extrémité de la propriété, une piscine et un jacuzzi complete le tableau. Nous sommes invités à installer notre tente dans cet espace inespéré. La maison est un ancien restaurant avec chambres d’hôte. Les propriétaires ne peuvent plus utiliser la maison car beaucoup de travaux sont a faire suite à l’ouragan. Hors de question de laisser cette maison croupir, les débris sont ramassés, le terrain entretenu, les équipements sont vides, pas d’eau, pas d’électricité, mais pas de défaite. La fierté est une qualité lorsqu’elle est bien placée.

Après un poisson grillé et une soirée calme, petit déjeuner sur la plage de sable noir. Les pélicans nous font une démonstration de plongeons. En selle pour le Nord. Le soleil cogne, la route longe toujours la cote et nous alternons cotes et descentes.

Déjeuner à Dublanc dans une épicerie. Il y a ici au moins 5 petits restaurants, mais tous sont fermés. On se rabat sur une épicerie qui nous prépare quelques sandwich fourrés. Impossible de continuer sous ce soleil, nous ferons la sieste sous l’abri des pêcheurs. Nous arrivons à « Porsmoss » et passerons la nuit sous le porche de l’office de Tourisme. Un homme nous y accueille. Il se présente comme le patron. Nous le saluons, lui demandons s’il connaît un endroit pour passer la nuit au calme. « Vous êtes européens? » demande t-il. Oui. « Alors soyez les bienvenues, cet endroit est votre maison, c’est vous qui l’avez payée ». Suite à l’ouragan Maria, les dégâts sont tels sur l’ile que la communauté internationale a envoyé de nombreux dons à la Dominique, et l’Europe a, entre autre, financé ce nouveau centre touristique, face à la baie de Portsmouth. Il laisse les toilettes ouverts pour nous cette nuit. Je tenterai d’y aller plus tard mais une femme junkie sans chaussure, complètement à coté de ces pieds donc, retarde l’évacuation d’une tradition de routard, boire une bière à l’arrivée.

Aujourd’hui, c’est le grand jour, on traverse la Dominique par l’ancienne route du nord. Un petit 24km mais avec quelques surprises sur le parcours. En sortant de la ville, nous comprenons rapidement que le nord sera paisible, petite route, peu de trafic. Soudainement, malgré la couleur pétrole, le bitume se transforme en billard. Des trottoirs au milieu de nulle part, des bordures avec caniveaux… et puis une résidence, flambant neuve, toute droit sortie d’un catalogue de défiscalisation, le Kempinski. L’hôtel est vide. Poursuivons. Les panoramas se suivent, les palmiers sont alignés. Sur cette cote, la plupart des plages sont privées et le tourisme de luxe fait la loi. Nombreux sont les touristes américains. Nous passons devant un groupe de travailleurs, tout le monde se salue avec de grands sourires, ils encouragent Mana, la Dominique que nous aimons.

Nous arrivons à la bifurcation. A droite, la montage, à gauche, la plage, nous prenons à droite. Au milieu de la première cote, nous dégoulinons déjà. Deux hommes déchargent leur voiture et nous invite à la pause. Une masse et un gringalet rasta avec des cœurs grands comme des fruits à pain. Nous souhaitons continuer pour ne pas refroidir mais comment résister à un tel accueil. On parle de la Dominique, de l’ouragan, de la nature, de ce qu’elle offre. C’est la première fois que je vois dans un pays autant de trentenaire connaître les noms et les secrets de la nature. Ici, tout le monde cultive son jardin, ses plantes médicinales et le sourire. Pour nous encourager, le plus grand va récupérer 4 belles noix de coco. Nous sirotons ce cadeau de la nature tous ensemble, on pourrait rester ici pour la soirée tellement c’est agréable. Mais on ne fait pas attendre la montagne, surtout quand nous ne savons pas à quoi nous attendre. En haut de cette rue déjà coriace, un carrefour, les cris des chiens résonnent. A droite, dans notre direction, une voiture brûlée et une route bétonnée et étroite, qui mène vers la montagne. J’aime ce genre de route, celle qui invite et qui insinue. Mana aime consulter l’application de planification d’itinéraire. Elle nous annonce encore 2,5km avant le sommet, bonne nouvelle. Un contact digital sur la touche « détails » achève net la proximité temporelle du repos. Encore 550 énorme mètres à gravir. 22% de pente en moyenne. Mieux vaut-il le savoir ou avancer en constatant, question de personnalité. La réalité est que je n’avais jamais vu une telle cote! Rapidement, la roue arrière patine quand celle devant quitte le sol. En plus de la pente, le peu de passage couplé à l’humidité encourage les mousses à s’étendre sur le béton, adhérence nulle. Nous descendons des vélos et poussons, comme des ânes mais sans le braiment. Mêmes les chaussures ne sont pas fiables, c’est la suée, la vraie, le spa. Nous parlons peu pour économiser la salive et surtout pour rester dans l’effort, dans l’intensité du moment. « Vivez dans le présent » qu’il disait…

Trève, du plat, Allelujah! Une superbe boucle nous offre un panorama grandiose. On y voit les Caraïbes, la Guadeloupe, les montagnes, et le bout qui nous reste. Nous délectons ces quelques dizaines de mètres de plats avant d’arriver sur une route dégommée, pleine de trous et toujours empruntée. Debout sur les pédales, Ornicar et Téfiti tentent d’avancer, puis s’arrêtent à nouveau. Ils faut de nouveau pousser les montures. Un nouvel élément vient s’ajouter à cette belle collection de difficultés, le vent. Nous arrivons au col, panneau « morne au Diable crater » , tout un programme. Tout le vent venu des cotes africaines vient s’engouffrer ici entre deux mornes. Ici, on comprend parfaitement les caractéristiques de l’effet Venturi. Il faut baisser l’échine pour ne pas risquer de prendre un gravillon entre les yeux. Les bras bien tendu, le cul en arrière, la position est celle d’un sprinter qui compte faire un 100m en poussant son vélo. Les pieds sur les pointes, les mains dégoulinantes étranglent les poignées, la tête aérodynamique, PAN! Ne pas relever la tête, pousser, encore, scanner son corps pour déceler le moindre début de douleur et reprendre une position efficace. Mana est devant moi, l’herbe haute est couchée, peut être pour nous indiquer de là où l’on vient. Je hurle à gorges déployée tentant d’attirer l’attention de Mana. Elle ne m‘entend pas et continue sa marche contre le vent. La scène est irréelle et m’amuse énormément. Comment les difficultés peuvent elles s’additionner de la sorte, me faisant mentir à chaque que je prédis la fin approchante de cette ballade? Je repense à mes sourires après des journées infiniment éprouvantes dans des lieux désolés, l’humain n’a t-il pas cette capacité de résilience, d’apprécier le moment présent?

Cheveux à la Sangoku, c’est l’Atlantique qui se laisse voir, ha non… il est vrai que le panneau était formel, « crater ». Nous venons donc de passer le premier versant. 3 heures après avoir fini nos coco, enfin, pause déjeuner et sieste dans le creux du cratère. Les végétaux sont. ici bien coiffés dans le sens du vent, les palmiers sont tous décapités, cicatrice de Maria. Une grande maison très exposée avait vu sur les Caraïbes et sur l’atlantique. Une maison abandonnée de plus.

Après un long repos, nous grimpons ce deuxieme versant, et c’est l’Atlantique qui se laisse observé. On y voit la belle galette antillaise, Marie Galante, l’île où vivent Stéphane et Tefiti 1ère. Nous entamons la descente, aussi vertigineuse que la montée, pas question de rater un virage. Nous passons les petits villages de Penville, Vieille case, Thibaud, le tout sur une route dans un état de délabrement aléatoire. Nous sommes en Janvier. En décembre se déroulait les élections nationales, et ce sa voit. Le parti sortant offre des ravalements aux habitants, nettoie tous les bords de route avec des armées de travailleurs temporaires. De grandes fresques à son effigie et à celle de son parti hornent les murs. Un des slogans « I run things », je gère des choses, un programme lourd. Les cyclotouristes sont rare ici, tout le monde nous regarde, voir nous dévisage, mais surtout nous accueille et nous souri. Tantôt nous descendons à toute vitesse, tantôt l’élan se pétrifie, forçant nous autres cyclistes à redevenir piétons. Nous somme désormais au niveau de la mer, fatigués. Anse Soldat sonne parfaitement pour un repos du guerrier. Un panneau annonce un restaurant et une épicerie, « Sea breeze », parfait. Le restaurant a les pied sur la plage, l’eau est translucide. Nous parcourons la plage de long en large à la recherche de plat. Il se trouve que toutes les propriétés s’arrêtent sur les plages. Nous demandons à l’épicerie et ils nous autorisent à passer la tente au plat, non loin de leur restaurant, parfait. Tente montée, bière clope, le sport sain, ça va cinq minutes. Nous posons nos carcasses sur le banc de l’épicerie qui a une cuisine. Il reste des pâtes avec du corned-beef, parfait pourvu que le goût et l’équilibre de soient pas de critères de jugement. Nous sommes chez Anju et sa femme, d’une gentillesse! Chez eux, c’est la tradition, le soir, c’est cinéma. Le grand écran au dessus du bar est tourné vers la plage, la sono est fond et chaque habitant mâle du hameau vient trouver une chaise et un godet de rhum. Quel ambiance! L’assistance se prend la tête dans les mains lorsque le protagoniste prend la mauvaise option. Une rasade de jus de canne fermenté. Le film fini, chacun regagne sa maison, même nous, notre maison portable. Comme nous avons eu le temps de discuter, Anju nous propose de mettre la tente sous le toit du bar. Le voyage, l’imprévu, la récompense. La lune éclaire parfaitement ce coin de paradis et donne assez de lumière aux énormes crabes pour aller faire leur promenade de tordus.

Aujourd’hui, journée de repos, 30km, plus ou moins plat, altitude moyenne de 34m mais nous réussiront tout de même un joli 700 de dénivelé positif, ça reste plus plat que d’habitude. Je suis perdu dans les classifications, plat se situe t-il bien entre l’ascendant et le descendant? A moins que ce ne soit une histoire de nuances. Nous nous dirigeons vers la réserve Kalinago. Un peu d’ethnologie et d’histoire. Avant l’arrivée des Européens, les Caraïbes sont peuplées par des indigènes. Les différentes gravures d’antan montre des habitants ressemblant aux indigènes du nord de l’Amérique du Sud, de l’Amérique centrale, logique. Or aujourd’hui, un antillais qui se dit de souche est en fait descendant des marrons, des esclaves. Je vous laisse creuser ce sujet dans les liens en bas d’article. Seule la Dominique conserve un territoire Kalinago, une réserve. Lorsque nous arrivons le soir, nous allons chez Louisette et Nanichi. Avec fierté il nous dit, « ici, vous êtes en territoire Kalinago, la bas, c’est la Dominique ». Le temps et les mariages passants, le peuple se métisse et les traditions se perdent, mais la fierté demeure. Nous irons nous reposer et nous laver dans la rivière avec un groupe de jeunes venus ici faire la paix avec eux et la société. De l’autre côté du fleuve, en Dominique, les baigneurs sont noirs. Le fleuve délimite le territoire. Aucune animosité les uns envers les autres, du mélange même, mais cette observation m’interpellait alors.

Nous repartons avec dès le départ, une côte. Un peu plus loin, un mur, on connaît la chanson, on pousse, échine courbée, force dans les pointes et tout et tout. Nous passons par Salybia et ses quelques stand pour touristes. Les ressources économiques sont faibles et s’amenuisent. Nous longeons cette belle côte Atlantique en direction de Castlebruce ou nous pensons passer la nuit. Notre bateau pour la Martinique part dans 3 jours, nous avons le temps de faire de petite étape pour profiter des journées. Arrivés à Castelbruce, rien. La ville est vide d’activité, sauf l’église. Pas de café, pas d’épicerie, une banque. Nous descendons vers les nouveaux quartiers à la sortie de la ville. Un bar diffuse à un volume insupportable une musique dont je ne retiens pas les accords, trop horrifiés par les va-et-vient violent des haut parleurs. Le ciel devient menaçant et il nous faut vite trouver un toit, mais pas ici. Nous achetons un peu de coca et de gâteaux pour prendre des force, nous sommes au bord de l’océan et notre direction est la montagne. L’objectif n’est pas de faire des kilomètres mais de trouver notre emplacement de bivouac. Dans cette situation, le regard balaie chaque recoin, chaque chemin, chaque terrain. A gauche, un chemin peu emprunté s’éloigne de la route, nous le suivons et parcourons les environs. Le chemin mène jusqu’à une des 365 rivières de l’île, malheureusement, pas de plat. Nous repairons quelques maisons sur le route mais personne pour demander si nous pourrions poser notre tente pour la nuit. Le ciel noircit, le vent se lève. Pas de trafic, personne. Quelques minutes plus tard, une voiture s’arrête à notre niveau et nous demande si nous avons un endroit où dormir. Il dit qu’une tempête approche et que nous ne devrions pas passer la nuit dehors. Il nous invite chez lui, pour nous mettre en sécurité, on ne rigole pas avec les tempêtes en Dominique. La voiture s’éloigne après nous avoir indiqué la route. Nous arrivons enfin chez Byron, deux heures après le début de notre recherche. Il nous fait visiter sa maison. Byron est parti aux USA pour gagner sa vie et a pu construire une maison en Dominique. Il vivait au Texas et nous raconte sa vie la bas, sa vie de noir. Nous ne savons pas s’il exagère sur certains points mais l’homme a clairement été bouleversé par la « American Way or Life ». Il nous parle des policiers arrogants et violents envers les noirs, des blancs armés jusqu’aux dents et outrageusement méfiant envers les hispano et les noirs, la vie de pavillon où chacun se compare et se toise, ou les échanges se limitent au cercle familial, il est revenu en Dominique. Ici les gens n’ont pas d’argent mais ils ont un cœur, il est heureux ici. Il vit avec son fils et sa tante. Il nous installe dans une chambre vide. L’ambiance est spéciale car chacun mange dans sa chambre, avec ses habitudes et son programme télé. Pour lui, l’essentiel, c’est que nous ayons un toit. Il nous dit qu’il aide les blancs pour qu’un jour ils se souviennent de la fraternité. Une soirée étrange mais hautement symbolique. La pluie commence, des trombes d’eau s’abattent sur ces terres jonchées d’arbre morts, des bouts de tôles ondulées et rouillées espèrent retrouver leur fonction première. On ne rigole pas avec les tempêtes en Dominique. Merci Byron pour ta fraternité.

Nous discutons longuement avec sa tante le matin, elle nous parle des plantes, de son jardin, de sa pharmacopée, la connaissance de la nature est grande aux Antilles. Après un délicieux sirop d’Ibiscus, direction la Emerald Pool. Avec la pluie, cette attraction touristique naturelle est déserte, un bon bain, un bon massage et nous repartons pour Roseau. L’itinéraire est assez facile aujourd’hui, il faut dire qu’il devient difficile de faire pire que les jours précédents. Nos corps aussi se sont habitués, nous sommes des machines comme on dit. Nous avons du temps devant nous, pause déjeuner à Sylvania. La pluie s’abat et ne s’arrêtera plus pour les 5 jours à venir. Une fois installés, la patronne nous demande ce que nous faisons ici.

⁃ Nous rentrons pour prendre la navette de demain pour la Martinique.

⁃ Vous ne pouvez pas rentrez, il n’y a pas de navette.

⁃ Si, nous avons bien notre billet.

⁃ Non, la tempête est trop forte, pas de navette avant 5 jours, écoutez la radio.

Nous commandons des plats, tous faits maison, histoire de réfléchir le ventre plein. Nous demandons si il y a des hébergements par ici. La patronne se renseigne et nous indique une maison sur les hauteurs. Une dame rentre dans le restaurant, un sourire superbe, un bonheur pur. Elle demande qui nous sommes. La patronne lui explique la situation, et en repartant la dame dit que nous pouvons venir chez elle si nous le souhaitons. Nous ne l’avons pas compris car son accent caribéen est fort, c’est la patronne qui nous le dit. Nous sommes surpris. Nous apprenons alors que la dame en question est la mère de la patronne, et accessoirement l’ancienne patronne. Histoire d’en être sur, nous allons la voir dans sa maison voisine et lui posons la question sans détour.

Effectivement, elle nous confirme que nous pouvons rester chez elle le temps qu’il faudra. Nous sommes à nouveau devant la fraternité pure, et elle nous sourit. Elle nous installe dans sa chambre, elle nous dit que l’on peut utiliser sa cuisine mais qu’elle ne peut pas nous nourrir car elle a une maigre retraite. Finalement, nous prendrons de nombreux repas ensemble. Dans la supérette d’en face, je vais régulièrement acheté de la farine, du lait et des œufs, Alexia raffole des crêpes, nous en faisons quasiment tous les jours. Nous mangeons aussi régulièrement dans le restaurant de sa fille, Joan, nous rencontrons Caryl, son autre fille. Le soir, nous filons au bar pour des parties endiablées de Domino. Dans mon souvenir, je crois qu’elle a gagné toutes les parties. Alexia est la Dominique, souriante, festive, debout, croyante, modeste. Cinq jours riches comme dix et rapides comme deux. Le jour du départ est déjà là, nous partons sous la pluie, toujours là. Il n’y a que de la descente pour rejoindre Roseau. Dans la file d’attente du départ forcément chargée, une surprise, une taxe de départ, en liquide seulement et qui connais une inflation impressionnante ces dernières années, c’est la caissière qui me le confirme.

Aller, c’est parti, retour sur la mer, calme tant que nous somme abrités de l’île. Au passage du cap de Scott sur head, d’énormes vagues viennent d’exploser contre les coques d’acier. Le bateau décolle et se fracasse contre la surface trois mètres plus bas. Les vitres tremblent dans un silence inquiétant, plus personne ne parle. Chaque passager tente une technique, respiration profonde, fermer les yeux, s’agripper à son ou sa compagne. Le capitaine ne ralentira pas d’un poil, ça passera. Les équipiers distribue les sacs en papiers lorsqu’il n’est pas trop tard. La houle vient sur bâbord et chaque fois envoie l’horizon vers les nuage avant que la gravité nous renvoie des gerbes d’eau. Enfin la terrible attraction foraine s’arrête au passage du cap nord de la Martinique, il y fait beau, nous passons la montagne pelée, Saint Pierre et arrivée à Fort de France après deux longues heures de « malmenage ». Même de l’extérieur, le contraste entre Martinique et Dominique est saisissant, beaucoup plus de bitumes et de bétons. Nous revoilà en terre française. Dominique, MERCI.

Liens utiles:

Lien vers notre vidéo:

https://youtu.be/musPy0V22xI

Parler le patois Rastafari:

https://fr.wikihow.com/parler-le-patois-Rastafari

Une vie politique chaotique:

https://www.aljazeera.com/news/2019/12/dominicans-head-polls-protests-legal-challenge-191205132344669.html

Histoire des peuples indigènes des Caraïbes

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