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Colombie, en volume et en saveurs

désolé pour les accents

Des les premiers pas en Colombie, en arrivant par l’amazone, le contraste est saisissant. Si les hautparleurs continuent a cracher, ce n’est plus sur le même rythme, plutôt salsa, reggaeton et le vallenato. On sent également que l’esthétique a un rôle primordiale mais a la différence du Brésil, cela inclue également les édifices publics et prives.

je prends rapidement l’avion pour Santa Marta ou je rejoins ce bon vieux Joel. L’artiste étant en vacances en Colombie, nous nous organisons pour nous retrouver en terres caribéennes. En attendant Sophie, nous explorons la ville et son architecture coloniale aux milles balcons et couleurs. Histoire de se remettre d’un manque cruel de saveur lors de ma dernière semaine brésilienne, on attaque par un petit restaurant proposant de savoureux arepas (galettes de mais) chapeautées par de savoureux avocats et de poulpes grilles. Joel prendra la version avec ceviche de crevette aux mangues, voila une belle entrée en matière. Après quelques errances a travers la ville pour faire le programme de la semaine, la faim revient, surtout sa cousine gourmandise.

Cuisine fusion cette fois avec lasagne de plantain, de yucca et de crevette.

Nous décidons d’entreprendre la marche vers la cite perdue, 4 jours de rando en foret pour retrouver un site cache pendant fort longtemps par la tribu indigène des Koguis. Le site a toujours existe mais sa présence fut cachée. Les FARC menant a l’époque e nombreuses attaques sur ces communautés non armées, le gouvernement accepta de les aider en échange de l’ouverture du site au public. Même si le chemin pourrait se faire sans guide, impossible de rentrer sans passer par une agence qui reverse une partie du billet aux communautés. Nous accédons au premier village en 4×4, un poisson frit, du riz, et c’est parti. Première journée tranquille pour accéder  au hameau ou nous passerons la nuit. Les maisons sont relayées par mules, seul moyen d’emprunter les chemins chaotiques menant a ces havres de paix. Il est 16h, l’heure d’aller sauter dans une piscine naturelle creusée par la rivière. le jeune Basilio nous montre toutes les bêtises a faire, comme prendre de l’élan et s’élancer des six mètres qui séparent la plateforme de la surface de l’eau… splaaaatch. Repas équilibré mais copieux servi par les locaux, poisson bien sur. Nous nous retrouvons plus ou moins entre français et le tarot prend naturellement une place centrale sur la table.

Vers 21h, notre guide nous annonce maladroitement qu’une forte tempête se dirige droit vers nous et qu’il faut faire demi tour. Notre guide, Juan, est Koguis et semble incapable d’avoir une émotion, nous pensons donc a une blague tellement la nouvelle parait absurde. Juan maintient son discours sans une once d’inquiétude ou de compassion, a ce moment je me rappelle de mes cours de philo sur le courant du stoïcisme, ça y est, 15 ans après le cours, j’ai compris. Si l’on riait jaune au départ, son insistance confirmait le problème de communication et non l’objet du message. un autre guide vient a notre table et répète ce même message mais cette fois avec une assurance qui nous cloue le bec. L’évacuation a été ordonnée par les responsables du parc, la météo nationale, et l’armée. Mais il est 18h, il fait nuit, et l’orage est censé arrive a 2h du matin, pour une évacuation prévue a 6h, bref, personne n’y comprend rien, nous reprenons le tarot en attendant d’avoir une info plus claire. Le lendemain matin, ciel radieux et pain grille au petit déjeuner. Plus d’évacuation finalement, c’est parti pour la marche sur un sentier défoncé, boueux, caillouteux, glissant et des paysages somptueux. Plus de moteurs sinon les “mulaaa!” des ravitailleurs pour faire avancer leurs animaux charges de vivre et de bières. une pluie violente s’abat sur la montagne et fait gonfler le cours des rivières environnantes. Comme nous devons en traverser un certain nombre, le pas s’accélèrent. Tout le monde est trempe ce qui a l’avantage de faire gagner du temps au passage a guais. En effet, rien ne sert de quitter ces chaussures puisqu’elles sont déjà trempées. La dernière rivière avant le campement est déchaînée, chacun empruntera donc la cage suspendue au dessus du cours et tirée par les guides, épique. 250 touristes arrivent quasiment en même temps, chaque jour a ce dernier campement, a 2 jours de marche du dernier village ravitaillé par la route. En chemin on aperçoit des fincas, fermes, cultivant cafe, cacao, bananes… Le diner est succulent et un grand hourra s’échappe pour féliciter le cuisinier. Le lendemain, c’est l’horreur. Une bonne partie des marcheurs a était malade et dans la course, un nombre trop important de dérangés de l’estomac a du oublie sa frontale en courant au trou. Résultat, tout le monde a des hauts le coeur en approchant de la zone de conflit, un vrai carnage. 5 personnes resteront a 1000 pas de l’objectif avec des couleurs rappelant l’absurdité du racisme anti asiatique. (pour les autres formes de racisme, il suffit de se rapprocher des plages ou des ecolodges pour en apercevoir l’hypocrisie).

Bison futé me confirme l’absence de problème de traffic, c’est parti pour l’ascension. Passage a guais avec de l’eau a la taille pour moi, aux genoux pour d’autres. Il faut gravir des marches larges comme les phalanges des pieds, glissantes comme des Alices (oui, Alice, ça gl……) et hautes comme des jambes karembeutesques, facile. Nous y sommes, la cite perdue. Immense cite ou vivaient en 1500 près de 6000 personnes, toutes décimées par les espagnols ou par leur grippe.

Juan nous donne plein d’information précieuses. A la question “quand la cite fut elle construite?”, il nous confirme avec assurance “il y a longtemps”. Joel curieux veut en savoir plus, “ha oui, longtemps comment?” Juan redouble d’assurance “ouffff, très longtemps”. Merci le guide. On se promène, on fait des photos de touristes, et c’est reparti dans l’autre sens avec a nouveau des piscines naturelles a chaque campement. Nous redescendrons avec Basilio, 14 ans, déjà guide et agile comme un cabri, farceur a ces heures. Les locaux montent en bottes ou en crocs 3 fois plus vite que les touristes, ça force l’admiration mais aussi la frustration. Il ferait moins le malin sur le periph’ le petit Mowgli! Les femmes, elles, n’ont pas le droit aux chaussures car elles représentent le lien avec la nature. Elles n’ont pas non plus le droit de mâcher la coca a longueur de temps. Comme dirait Juan, elles préparent le mélange et fabriquent le sac de leur mari, c’est déjà pas mal.

Apres ces 4 jours physiquement intenses, nous allons vers le parc national de Tayrona, cocotiers, sables chauds et eaux translucides aux programmes. Nous faisons une scène dans le camping ou nous arrivons. Les gougnafiers  ont installé deux groupes électrogènes a 10m des hamacs. Nous obtenons gain de cause et ils nous installent en face le restaurant-bar, service client avant tout.

Le lieu reste tout de même magique avec ses grands palmiers fournis en coco, le tout jouxtant la plage. Sur la cote caraïbes  de la Colombie (hors iles), de nombreuses plages interdisent la baignade a cause de courants violents. Nous partons donc en marche vers une plage ou nous pourrons nous baigner. Cela reste un parc national, donc pas de véhicule motorisé, ni de klaxon.

Le sentier est aménagé pour faciliter l’accès au tourisme mais cela reste escarpe avec une alternance de verdure, de foret, de granit et de point de vue sur ces fameuses plages bordées de cocotiers, reste a mettre un timbre dos.

Retour a Santa Marta pour une dernière soirée tous ensemble, Jojo, quand tu veux pour la prochaine escapade!

Retour en selle, mon séant ne me le pardonne pas mais les cuisses en redemande, 80km après une pause de plus d’un mois, ça reste raisonnable. Je m’arrête a Palomino, paradis de touristes roots ou amateurs de plage, je ne m’y retrouve pas du tout. Le lendemain direction Riohacha. Parenthèse géographique, j’étais dans le nord de la Colombie et me dirige désormais vers le point septentrionale de l’Amérique du Sud situe dans la région désertique de la Guarija, a la frontière avec le Venezuela.

Au fil des kilomètres, la végétation se fait de plus en plus rare, l’ombre disparait donc. Le soleil lui monte et inlassablement frappe ma tête et mon épiderme, sans relâche. De peur de manquer d’eau, je bois beaucoup, trop, ce qui me fatigue. Apres 5h de vélo, je m’arrête, épuisé, comme bourre. j’avale ma soupe et mon saute de mouton (chivo), excellent et frais. Je m’affale sur une section de pneu suspendu par les extrémités ce qui donne une sorte de hamac en gomme, inconfortable mais original et surtout bienvenu. 2h plus tard, je me réveille, et reprend la route, toujours dans la douleur. le vent s’est lève entre temps. je fais les 30 derniers kilomètres en 3h. il m’est plus facile de pédaler que de pousser le vélo, je m’automotive par de lourds “alleeeez”. J’arrive dans un état second a l’auberge de jeunesse, incapable de communiquer ou même de manger, il est 19h, je vais me coucher, épuisé mais heureux. un courageux serait allé au bout de chemin sur son vélo mais ayant RDV le lendemain a l’école de kite pour commencer mon volontariat. j’arrive donc a Cabo de la vela en voiture, comme tout le monde. Le village est isole de tout, pas de construction moderne, l’eau est acheminée par camion citerne, la plupart des vivres viennent du Venezuela, sauf le poisson et les langoustes péchés ici. Le contraste entre les locaux, communautés Wayuu, est saisissant. Peu d’enfants vont a l’école et aident leurs parents a la pêche ou aux activités domestiques, les rôles entre hommes et femmes sont clairement établis. les hommes ici achètent leurs femmes, donc par défaut peuvent en avoir plusieurs s’ils en ont les moyens. Ils parlent leur propre langue. On se sent bien ici, on vie au rythme du soleil et de la faim. Le vent puissant et constant se lève vers 11h, c’est alors une farandole de voiles multicolores qui démarre. Certains réalisent des figures impressionnantes pour le novice que je suis. Chacun fait sa session et le soir venu, autour d’une bière, les plus agiles dispensent leurs commentaires et conseils aux élèves persévérants. C’est ainsi que j’ai pu apprendre a nager avec la voile et donc laisser les pêcheurs tranquilles pour récupérer ma planche ou encore faire de jolis envols avec atterrissages. Les soirées sont mémorables grâce aux incroyables Simon, Paula, Valerio. Les journées sont radieuses avec Jorge, William, Xavier, Speedy, Nadia, merci a tous!

Le matin, les lèves tôt filent vers les barques de pêcheurs qui déchargent les prises de la nuit attrapes a 50m de la plage. Une camionnette approche pour peser les langoustes. nous achetons directement aux pêcheurs, 5000 COP pour une énorme langouste (1,5EUR). Certains mangent de la langouste 2 fois par jour. Petit délire de Speedy, lancement d’une campagne de calzone aux langoustes, 2 par calzone, magnifique!

Que du bon temps lors de cette semaine hors de tout et un très beau spot de kite.

Aller, on repars, la même route mais dans l’autre sens, cette fois avec le vent dans le dos, l’expérience n’est donc pas la même et surement plus agréable mais d’autant moins mémorable. L’énergie économisée me sert a grimper sur les hauteurs de Santa Marta, vers Minca, j’y trouve la fraîcheur, la foret et de belles cascades, bien rafraîchissant après 10 jours a se planquer des rayons cancérigènes. Apres une journée a la recherche des cascades, je redescend sous des trombes d’eau vers Santa Marta. La route s’est transformée en torrent qui déverse boue et branches au milieu du passage. Une branche tombe violemment 5m devant moi, je rie et continue, hurlant a la joie a plus de 40km/h dans cette descente infernale, follement vivant je me sens a ce moment, peu importe le risque, je préfère les gouttes qui m’éblouissent et qui me fouettent a m’arrêter et regarder passivement ce spectacle.

Fin de la descente et arrivée sur un échangeur, ça calme. Ayant du temps et de l’énergie a revendre, je passe de l’autre cote de la colline vers Taganga, petit village de pêcheurs et lieu pour voyageurs en mal des villes. Apres une nuit de repos, je m’avale le cocktail magique de Speedy, Avocat, bananes et lait de coco, prêt pour la journée. Notez qu’ici les avocats sont doux et très savoureux. Direction Baranquilla. Pose dans un magasin de protection pour travailleurs, je m’offre de belles lunettes de soudeurs pour la lumière, et un beau tour de cou pour le soleil. La pluie m’accompagnera tout le long de la route. La route est belle et passe entre une immense lagune et l’océan. Des grues, des flamands, des pélicans et autres oiseaux non identifiés apportent un cote documentaire a cette journée. J’arrive a Baranquilla, ville industrielle sans réel patrimoine architectural et aux rues sombres et sales. Deux belles églises se distinguent de la noirceur. Impossible de trouver un toit pour la nuit, les hôtels me recalent quand je demande a rentrer mon vélo. Deux heures plus tard, toujours sous la pluie, roulant dans 10cm d’eau, douche par l’eau noire et puante aux passages des bus et des camions, je trouve enfin. Douche prononcée, dodo, je mangerai demain. Petite réparation sur le trottoir et discussion avec le vendeur de café, que les colombiens sont avenants et sympathiques!

Nouvelle journée sous la pluie et arrivée au volcan de Tatumo, volcan de boue ou l’on se prélasse après une longue journée. Etant arrivé tard, je suis le seul touriste et profite donc seul de cette merveille de la nature avec vue sur la lagune. Je trouve refuge dans un des restaurants entourant le site et passerait la nuit seul, avec les grenouilles et les chiens.

J’arrive enfin a Carthagene des Indes, ancienne ville coloniale espagnole et port principal pour le commerce en ces temps obscurs. La ville est riche en patrimoine et mise aujourd’hui beaucoup sur le tourisme, notamment celui des riches américains. j’arrive le jour de la visite du pape, même si cela me laisse de marbre, je m’en réjouie néanmoins. Et oui, toutes les routes sont fermées et interdiction aux véhicules particuliers de circuler, donc, air pur, calme et ballade agréable dans les rues bondées de touristes catholiques. Je n’ai pris que peu de photos de cette ville car malgré sa beauté esthétique elle pue le faux, surtout le faux des personnes. Tout le monde est sape, les vendeurs ambulants vous accostent toutes les 30 secondes (sans exagération) pour vous vendre lunette de merde, excursions a la con, cocaïne (8€/g!) et bars a putes…. L’extase!

Je reste pourtant 4 jours ici, le temps de mettre a jour mes photos et d’écrire ce pamphlet. Je décide de ne pas poursuivre sur la cote mais plutôt de rejoindre les montagnes ou il fera plus frais et ou surtout je trouverai l’authenticité des lieux et des personnes que je suis venu chercher a la force de mes jambes. Aller, c’est parti pour 800km de montage pour rejoindre Medellin la fêtarde et ancien fief de Pablo Escobar.

4 réflexions au sujet de « Colombie, en volume et en saveurs »

  1. Dis donc, un mois entre chaque publication çà devient abusé. Tu t’es cru en vacances ou quoi ? J’ai besoin de ma dose de déprime quotidienne ou au moins hebdomadaire. Alors vas y envois les photos de plages quand il fait froid ici, les images de combi quand on croise que des caisses toutes nulles ici, des photos de banquets exotiques quand le restau le plus proche nous sert ses sempiternel burger, des routes qui t’emmènes chaque jours vers de nouveaux paysages quand nous prenons tous les jours le même chemin du boulot et des histoires de rencontre extraordinaires quand on croise toujours les même têtes de pitres à la télé ou au boulot.
    Tu as un devoir, c’est pas le tout de glander, profiter, decouvrir, t’éclater et t’epanouir tout en faisant du sport. Tu dois aussi nous foutre un peu les boules, et cela de manière régulière…

    Coup de gueule terminé du mec un peu rageux, beaucoup. Porte toi bien et profites

    Grosses bises de nous trois et demi.

    Aimé par 1 personne

    1. Hahahaha! Merci pour cette encouragement à l’écriture. Je suis justement en pleine rédaction mais je ne peux pas faire de la rando, du parapente, des compétitions de vtt et écrire 🙂 mais étant en convalescence après une belle gaufre, ça arrive!
      Sinon il y a Facebook ou je poste régulièrement mais monsieur n’y va pas. Allez, va bosser! Macron compte sur toi!

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