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Amazona dream

L’Amazonie, 6 millions de kilomètres carrés de rivières et de jungle, dont plus de la moitié en territoire brésilien ; 17% de l’eau douce de la planète se trouve en Amazonie et le débit à l’embouchure du fleuve est de 12 milliards de litres par minute, merci le guide… Un fleuve de 4500km de long ou le bateau et souvent le moyen de transport le plus rapide, même avec ces 15km/h. Entre Macapa et Tabatinga, il faut donc passer 13 jours en bateau pour faire le voyage , pardon, l’expérience unique. Un récit chronologique restera plus audible pour un public novice, les avertis (comme Véro), reverront leurs sensations et souvenirs revenir.
Tout commence à Macapa, l’une des deux entrée de l’amazone, avec Belém. Je parcours les 25km pour aller au port avec un sourire marqué, presque frénétique. En route, un monstre de béton s’élève, un monument pour symboliser l’équateur, latitude 000. J’arrive au port tout d’abord pour me renseigner sur les départs. Et oui, malgré des Brésiliens très connectés, pas de site internet indiquant les horaires des bateaux.

Mieux vaut donc arriver tôt dans le cas d’un départ matinal. Coup de bol il y a un bateau à 18h, 8h à patienter, une broutille quand les copains vous ont offert une liseuse avant de partir et que l’on peut d’ores et déjà monter à bord pour poser son hamac. Il est d’ailleurs essentiel d’arriver tôt pour pouvoir, à défaut de choisir sa place, au moins éviter les toilettes ou le moteur. Le voyage en bateau c’est comme la musique, l’important c’est le rythme. Ici c’est la batterie de casserole qui donne le la, 3 fois par jours, 6h, 11h, et 17h. Je suis le seul gringo à bord et vivrai cette traversée comme une retraite. Un peu de sport le matin, beaucoup de lecture, siestes innombrables et l’émerveillement permanent devant le spectacle offert par le fleuve.

4 jours plus tard j’arrive à Santarem. Je ne m’y attarde pas et file directement pour Alter do Chao. Petite ville d’une tranquillité étonnante la semaine, et repère de touristes le weekend. Un peu comme Pornic pour les nantais, si vous me passez la comparaison. Je dois y rester 2 jours, chez Christiane qui a accepté de m’héberger. Surprise, c’est Steffany qui vient me chercher. La rayonnante Steff que j’avais croisé dans une auberge de jeunesse à Belém et qui a réussi à venir par bateau, en stop!

Un magnifique beija-flor (baise fleur; colibri) triomphe sur la porte d’entrée. Steff pousse la porte. Les couleurs et la chaleur annoncent un séjour des plus agréable. Nous sommes chez Chris. C’est la maison du bonheur ici, ce qui me rappelle bien sûr la maison legouvé. Des fleurs, pleins d’amis, de belles bouffes, de franches marrades et que de sourires affichés. Chaque jour à son lot d’aventures, couchers de soleils, cuisine, et longues discussions. Je devais rester 2 jours mais suis finalement resté 4… quand on aime, on ne compte pas.

Chris travaille avec quelques communautés et est passionnée de l’Amazonie, de sa beauté, de sa culture. Elle m’encourage à passer quelques jours dans la communauté de Jamaraqua, dans la forêt national du Tapajos à une cinquantaine de kilomètres de Alter du chao. Mon application m’indique qu’il y a une route, ok c’est parti en velo! Je n’ai jamais vu de poules aussi grosses qu’au Brésil, vous verriez les nids qu’elles laissent sur la chaussée (n’ai je pas déjà fait cette vanne?)… les camions me doublent dans la montée dans un nuage de poussière et je les redouble dans les descentes dans de superbes travers. Il fait très chaud et il faut souvent pousser dans le sable, suée garantie. Je traverse quelques villages. Au sommet de la côte se distingue le fleuve Tapajos, majestueux et sauvage. 6h plus tard (57km), rincé, à peine capable de parler, mais empli d’une grande quiétude je passe devant la maison que Chris m’avait montré en photo. Nisse et sa famille m’accueillent bras ouverts. La communauté vit principalement du tourisme, de la pêche et de l’artisanat. L’installation est sommaire mais d’une belle simplicité. Les hôtes sont installés dans des cabanes au toit de feuilles de palmier tressées. La France héberge un paquet de curieux, deux françaises sont ici, arrivées elles avec un bateau acheté plus haut sur le fleuve. Ces charmantes jeunes filles me rappellent la chanson de Java sur le poil, « …. sur une baba cool en sandale ». Bon voyage les filles!

Pour changer, un beau coucher de soleil, sur le fleuve, parfait. Petite balade en forêt le lendemain avec un guide pour découvrir les richesses qu’elle cache.

Fourmis anti odeur: mettre la main sur la fourmilière ,attendre que cela sorte, puis les écraser et les étaler sur le corps pour cacher les odeurs corporelles, aller chasser sans craindre de se faire repérer par les animaux.

Fourmi point de suture: sur une plaie ouverte de préférence, amener la tête de fourmi sur la coupure de manière à ce que la morsure referme la plaie. Arracher le corps. Répéter l’opération jusqu’à refermer la plaie. Une fois cicatrisé, enlever les têtes.

Racine coupe soif: creuser légèrement, repérer une racine et la couper. Buvez! L’eau est remarquablement cristalline avec un léger goût boisé, superbe. Il y a également les arbres ou les plantes pour guérir n’importe quoi, jusque la malaria! Il y fait bon dans cette forêt. Je ne suis pas très spirituel mais cette symbiose ne laisse pas indifférent et l’on arrive rapidement à penser Iemanja, divinité de la terre et de la vie.

La nuit tombée, c’est parti pour l’observation des jacarés, ou crocodiles, cayment la même chose. Le canoë avance lentement et furtivement dans une noirceur absolue. Par intermittence, un faisceau de lumière éclaire les berges à la recherche d’un reflet, celui des yeux du fameux reptile. Nous en observerons quelques uns. Ce reptile est d’une épatante nonchalance.

Le lendemain, un vendredi de juillet, Chris et son ami Joey viennent également passer le week-end à Jamaraqua. Autour de grandes discussions, le tucupi ne fait pas long feu. Le lendemain, sûrement un dimanche, je souhaite voir la fin de la route qu’annonce ma carte. 300m après le gîte, impossible de faire passer une voiture. La route a dû s’effondrer il y a 6 mois et seules les motos passent désormais. Surprise, une fois la fin de la route arrivée, une nouvelle piste a été réalisée. Tout le long je trouverai des habitations, toujours difficile d’imaginer la vie si reculer de tout, l’électricité permet tout de même d’écouter du brege à tue tête, tout va bien.

Les heures passent et jamais l’ennui ne surgit, comment s’ennuyer dans un endroit paisible et inconnu. Après tout, nul ennui lorsque l’on fait la sieste!

Dernière nuit. Les singes hurleurs me réveillent, suivi des coqs et d’autres corps volants, il est 5h. Nisse à fait du café. Les poules perchées au dessus du velo n’ont pas ruiné la selle. C’est parti pour 90km. À la sortie de la piste, je m’arrête à l’épicerie pour quelques bananes, le bioethanol du cycliste. Je discute avec João ravi d’avoir de la visite étrangère. Il m’offre les bananes alors que j’en demandais le coût. Il me demande s’il est vrai que les étrangers ne sont pas très bien reçu en Europe. On me pose souvent la question et chaque fois la réponse est périlleuse. Force est de constater que rares sont les européens à se plaindre de l’accueil reçu en Amérique du Sud, tu parles d’une Europe riche et développée…

Je retrouve l’asphalte et s’en suivent 70km sous une chaleur écrasante. Toujours autant d’incrédulité dans les yeux des badauds à l’ombre. Arrêt technique pour régler correctement le dérailleur à mon arrivée en ville, il faut croire qu’un tutoriel YouTube ne fait pas tout, mais pour une première, je reste satisfait de ma prestation. Santarem, petite ville dynamique et commerçante aux multiples couleurs. Je rejoins Joey un peu plus tard qui m’héberge pour la nuit avant de prendre le bateau pour Manaus. Je suis sur que vous devinez l’activité du soir … allez… mais oui, un beau coucher de soleil, mais avec les dauphins cette fois, les botos.

Après 10 jours de rêve autour d’Alter du chao et de superbes rencontres (Chris, Claudio, Mayky, Maria, Brenda, Andres, Munique, Joey,…) il est temps de bouger pour Manaus. 3 jours de bateau.

Le bateau est une poubelle. 200 personnes à bord et peu de respect. Chacun colle son brege (musique populaire et commerciale brésilienne (musique de MERDE :)) sur son téléphone, jette ses ordures par terre, l’odeur dans les douches est intenable. Pour couronner le tout, des vols à tire larigot. Une mère vénézuélienne surprend une autre mère avec qui elle parlait dans la journée en train de fouiller dans son sac. Le lendemain il manquera la carte de crédit. Mon voisin s’est fait voler tablette, appareil photo et téléphone. Les gens commencent à se méfier et en parle au capitaine qui renvoie tout ce beau monde à leur sens de l’observation… Le lendemain, un touriste hollandais est allégé de ses appareils électroniques. Les soupçons pèsent sur trois jeunes. Les hommes en questions ne comptant pas se faire accuser gratuitement décident de mener l’enquête. Durant la nuit ils voient un individu fouillant dans les sacs. Les trois compères attrapent le type par le col et l’emmène sur le pont supérieur pour lui refaire le portrait, en couleur le portrait. Une fois accusés et coupable séparés, le capitaine appelle la police pour décharger tout le monde. Le voleur avoua son larcin et indiqua la planque, dans le plafond du bateau. Le hollandais retrouve ses affaires. Il est témoin de toute la scène et s’aperçoit que seuls les jeunes sont débmba dès la nuit tombée. Ambiance garantie. Petit bémol, la nuit, une atmosphère malsaine et pesante règne sur la ville. Les agressions sont nombreuses. Bref, 2-3 jours suffisent car même si l’ambiance est bonne, il n’y a pas tant d’options de sorties que cela.

J’ai passé ce séjour sur Manaus avec Damien. Comme le courant passe bien, nous décidons de faire une excursion en jungle avec le guide conseillé par un autre groupe de français rencontrés sur le bateau. Le guide s’appelle Max. C’est un détail qui se relève. Il habite à 80km à vol d’oiseau de Manaus. Voiture, bateau, voiture, barque. Nous sommes arrivés. Max est un des 4 enfants de la famille de Regina et Nei. Son énergie et sa détermination sont impressionnante pour un jeune homme de 21 ans. C’est lui qui a monté son agence de voyage et qui a appris à parler anglais. Nei, son père, est lui aussi guide, surtout quand la saison de la pêche sonne.

Ce seront deux jours de coupures totales, le bonheur se fout pas mal de la 4G.

Nous irons nous promener sur les rivières, observer les dauphins roses, la flore, nager en plein milieu de la rivière pendant le coucher du soleil laissant des couleurs rarement imitées par une palette, revenir à la pâle lueur d’une loupiote. Soudainement Max fait signe à son frère de foncer avec la vitesse résiduelle vers une végétation flottante sur la berge. Il fait nuit noire. Le bateau file, plus de bruit, plus de murmures, Max se penche à l’avant de l’embarcation de bois et plonge soudainement son bras dans ce qui ressemble à des nénuphars. Il se relève, se retourne vers nous, et nous tend un… CAYMAN!!! bon ok de la taille d’un sac à main. L’animal est superbe et doux. Il ne se débat que peu. Je le prends, avec délicatesse mais fermeté car même jeune, sa mâchoire m’enlèverait un bout de doigt. L’animal retourne à l’eau, tranquille. Après un bon repas en famille, nous reprenons la barque de nuit pour aller dormir en forêt. On s’arrête, machettes dehors, un espace de dessine. Ici pour faire un feu, ici pour y dormir. Malgré le bruit incroyable, une sérénité se dégage. Quelle expérience que de dormir loin de tout, avec comme matériel un hamac, une moustiquaire,une machette et une bouteille de cachaça.

Le jour se lève. Le petit dej avalé, Max nous emmène à son spot à Acai. Cette boisson délicieuse de mérite! Il fait monter sans assurance à 6m de haut, le couteau voire la machette entre les dents, en serrants un sac entre les pieds. Max montre le pas. Je tente et redescend après quelques pas sentant que je n’aurai pas la niac pour atteindre le sommet, couper la branche d’acai pesant bien 5kg, et redescendre. Damien, plus chaud et courageux, arrivera jusqu’en haut mais le poids de la branche à redescendre achèvera son ambition. Max remonte, tranquille peinard, et redescend comme il était monté, chargé de cinq kilos supplémentaires.

Retour à la maison pour trente minutes de pilonnage permettant d’extraire le jus de l’açaï. Il fait ensuite laver les noyaux pour récupérer le plus possible de jus. Ça se consomme en glace ou en jus. Pur ou sucré. Seul ou accompagné. L’açaï se consomme à tout heure, c’est LE met du nord, et le Sud en raffole tout autant.

L’après midi c’est atelier pêche! Un bout de bois, un bout de fil et un hameçon. Du poulet frais en appât. Taper sur l’eau en imitant la chute d’un oiseau comme subterfuge et nous voilà parti pour une session de pêche au piranha!! C’est la première fois que je sens l’adrénaline du pêcheur, ce grand sportif de l’extrême. Ca mord toutes les minutes, c’est la folie! Une fois hors de l’eau, mieux vaut manipuler le poisson avec dextérité. Peut être est ce son nouveau piercing qui le rend nerveux mais on sent que ce n’est que pas le genre à faire dans la dentelle si jamais un oiseau tombait de son nid. La nuit tombe, je ne vous la refait pas, mais celui ci sera superbe surtout quand on se baigne à 20m de la où l’on pêchait le carnivore. Petit arrêt à la supérette pour lutter contre la sécheresse. Il suffit de remplacer le vélo et la voiture par une barque et vous avez une image du parking, du dépassement, manque l’autoradio.

Dernière nuit dans la famille de Max. Nei raconte des histoires du fleuve, de l’Amazonie, du passé, on reprend une rasade de l’alcool de canne. Je pars le lendemain matin pour monter sur le bateau qui me fera quitter le Brésil, tout un symbole après ces 2 jours pleins d’enseignements, surtout pour des occidentaux. Damien devait venir avec moi mais après réflexion sur le but de son voyage, il décidera de rester en Amazonie, plus longtemps, plus profondément. Le temps passant, je comprends combien il est difficile de poursuivre la route avec quelqu’un. Chacun a un but, des attentes, des rêves. Ce voyage est souvent pour chacun une expérience rare sinon unique, il est donc important de s’appliquer à respecter son désir personnel. Oui, voyager c’est échanger, rencontrer, partager, mais c’est aussi éprouver, apprendre, méditer, contempler, apprécier, et le voyageur seul fait peu de concessions. Damien, se fut un réel plaisir de croiser ta route, de tout mon cœur, merci et à bientôt!

Les Brésiliens aiment parler de processus, de manière de faire, o processo. Le 9 août commence mon processus de départ du Brésil. Le « sagrado coração de Jesus » quitte le port à 13h, la cale surchargée de bière, de ciment, de motos, de pastèques, de chips, de bonbonnes d’eau, de cachaça, de poulets, bref l’essentiel. J’y retrouve Felix, surfer collectionnant les plages, les voyages et les occasions de prouver qu’il a fait mieux que les autres. Patricia, hollandaise qui était à la même auberge. Brad l’Australien, et Monique la retraitée. Les gringos ont tendances à se rassembler ce qui ne les dessèrent que rarement. Important de tirer des leçons de ces échecs, c’est probablement la leçon numéro un. Amusant comme l’enfant acharné sur un apprentissage peut se transformer plus tard en adulte lâche devant les épreuves. Comme dit l’adage, a vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Je ne veux pas être celui dont la gloire se résume à avoir pu rembourser ses crédits contractés pour acheter ce dont il n’a pas besoin. Je préfère rester l’incompris qui peut tout claquer pour simplement respirer, vivre, écouter et raconter des histoires. Je lirai sûrement ces lignes en souriant quand j’aurai un crédit immobilier sur le dos mais ce sera là encore l’occasion de rire n’est ce pas, et les copains n’hésiteront pas à lâcher « ho la…. ». J’assume.

Les deux premiers jours se passent plutôt bien, on joue au carte, on parle voyage… puis l’atmosphère se dégrade vite. Je tombe malade à cause de l’explosif cocktail « gaz d’échappement-chaleur étouffante-malbouffe ». Puis des vols… Une fin de voyage plus que désagréable avec des passages dans des villes abandonnées par les pouvoir publics. Même l’escalier menant à la barge de déchargement est en ruine. Le regard malsain de nombreux passagers est accusateur. Je quitte donc le Brésil avec un goût amer mais je reste émerveillé par tous les moments et les rencontres magiques faites ces deux derniers mois.

Muito gratidão para o brasil! Obrigado as pessoas maravilhosas que encontrei! Saudade!

Me voilà en Colombie!

À bientôt!

 

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