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Longues distances et longue pause

São Luís, il est l’heure. Celle de faire la plus longue étape depuis le début de ce voyage. 600km nous séparent de Belem, capitale du Para, entrée de l’amazone. 

C’est d’abord un bateau qui nous emmène de l’autre côté du fleuve, faisant éviter 150km de route passante et donc dangereuse. Les voyages en bateaux sont toujours une belle occasion de faire la sieste. Ici, le moteur pétarade et vivre tellement fort que même la sieste en est sportive. La sirène retentit, Alcantara est là. L’équipage nous aide à passer les vélos par dessus bord et nous haïssent. Décharger un velo, facile se disent ils, les 40kg semblent ruiner leurs espoirs de travail tranquille. Cette ville n’a pas bougé depuis la colonisation des portugais. Pas d’asphalte mais d’énorme pavés artistiquement disposés. Les maisons sont tres colorées. En haut du village, les pavés laissent place à de la territe. 

Une façade d’église se dresse la, dans son jus, sans sa cloche ni ses vitraux mais avec sa fierté et son histoire. Nous nous attardons et imaginons la vie à cette époque. L’asphalte revient et nous passons devant une supposée zone de lancement de fusée, info ou intox, nous ne le saurons pas, nous préférons avaler des lignes droites interminables mais dont la monotonie est cassée par ses allures de montagnes russes. Nous traçons jusque Pinheiro. La nuit arrive, nous allons vers la première station service pour prendre une douche. Pas de douche. Un laveur de voiture nous fait signe. Il se doute à notre allure de vagabond que nous voulons nous laver et nous ouvre un sanitaire, l’odeur y est originale mais il y a une douche, douche et lessive en apnée. Nous cherchons un endroit où poser la tente mais difficile dans une zone urbaine. Nous sortons delà ville à la recherche d’un terrain mais nous sommes dans un marais! La oú il n’y a pas d’eau, il y a une maison. Nous continuons avec un espoir grandissant. Il fait nuit noire et les moustiques sont d’une agressivité rare. La, dans une ruelle non éclairée, une maison en cours de construction apparaît comme le meilleur spot que nous pourrions trouver. 2 personnes nous regardent, avec nos vêtements de pluie (seul anti moustiques qui fonctionne), nos vélos d’un autre monde et nos frontales. Avant de s’installer, je demande la permission à ces personnes. Pas de problème, et ceux sont les propriétaires du restaurant bar qui est en face. Ravi d’avoir trouver un toit, nous allons boire une bière. Après quelques échanges et sourires, Ana, la patronne, nous propose de rester sous l’abri du restaurant, en sécurité. Nous sommes comblés. Nous discutons avec les clients, mangeons, jouons aux échecs, la galère s’est transformé en très belle soirée. Ana nous offre le café le le demain matin et nous nous mettons en route, reconnaissant et toujours touchés par l’accueil. Merci Ana!

C’est parti pour 100km. Midi sonne l’heure du PF, et la sieste! C’est un boui-boui, au milieu de nulle part, sale, puant, mais rassasiant. Nous poursuivons jusqu’à la nuit tombée et « planterons » la tente derrière une station service, tout aussi accueillante. Aller c’est reparti, 110km, ce sera une gare routière ce soir, et le lendemain aussi. Peu importe, c’est surveillé. Après 3000km, je le décide enfin à faire les sardines grillées offertes par Benjamin. C’est facile, rapide, et excellent et surtout cela permet d’envisager la simple boîte de sardines en mini barbecue. 

Les kilomètres s’enchaînent, vite, 21 de moyenne sur 600km, ils faut atteindre Belem!

Plus que 100km… et il fait encore jour, aller, poussons jusqu’à la nuit pour arriver tôt à Belem. Nous nous arrêtons à Americano, petite ville où se situe la prison de Santa Izabel, réputée pour ses évasions…. peu de recoins, nous nous apprêtons à poser la tente derrière un tas de sable et un semi. Je suis alors déjà en contact avec Lysmar, couchsurfer sur Belem. Inquiet de notre arrivée, il me demande où l’on dort. « En face la prison, entre du sable et un camion » lui répondais-je. 30 Minutes plus tard, Wendel nous attendait dans le restaurant ou nous étions pour nous emmener chez lui! Lui est Jayjay nous accueille comme des rois et nous propose de rester un jour de plus avec eux. Ce soir là, maconha et cachaca aidant, je suis au comble du voyage! Les gars, merci!

Seulement 65km pour arrivera Belem, on a le temps, beleza! Un peu de maconha et s’est parti pour… la sieste… tranquille… nous décollons finalement à 15h, difficilement, tellement nous avons de chose à nous raconter avec Wendel. Aller, on file, et in ne s’arrête pas, on a 4 litres d’eau et un bout de doce de leite en cas de coup de mou.

Nous y arrivons au coucher du soleil, convaincu d’être proche de l’auberge de jeunesse. Grave erreur! Cette ville est immense, un trafic monstre. J’ai failli perdre mon bras un peu plus tôt, un convoi exceptionnel passe à 10cm du guidon, 10 cm que je lui ai accordé pour éviter l’amputation… un petit hurlement primaire « enculé », ca va mieux, s’est reparti. 

Super accueil à l’auberge grâce aux incroyables Dani et Sttefany. 2 voyageuses travaillant à l’auberge contre le gîte et le couvert. Steffany partait du Pérou pour 2 mois, ca fait un an et demi qu’elle voyage, seule, en stop, sans argent. Son sourire et son énergie l’emmène là oú elle veut aller. Dani vient de commencer son voyage. Elle dégage un bonheur fou. Creuvé de cette petite semaine, je ne sortirai pas de l’auberge. On reste la à discuter, à s’amuser (photo en drap).

Margaux et Diane, la fine équipe sont là aussi. Ca déconne dur au Belem Hostel! Bruno part avec les filles au marché et c’est le festin de fruits et de légumes. Encore une journée glande, je lis « la longue route », livre de circonstance.

Samedi, nous retrouvons Lysmar, notre sauveur. Un grand voyageur et une personne au grand cœur pour qui l’accueil est un plaisir. Il nous montre sa ville, 12km en tong, superbe. Belem, mélange de modernité frauduleuse et de passé sanglant. Les couleurs d’antan tombent en ruine. Les richesses du commerce ne sont plus, dommage. Si l’on met de côté le ma que d’entretien et de restauration, cette ville à un charme fou! Le soir arrive, tout le monde est chaud pour aller se trémousser sur les rythmes endiablés du Brésil. Le carimbo est chaud, la caipirinha est fraîche! Quelle belle soirée avec la fine équipe!

Après un réveil difficile je pars rejoindre les amis sur l’île en face Belem, le contraste est saisissant. Fini le capharnaüm, place à l’eau et à la végétation. 

Et voilà Belem, les amis, au revoir, direction Macapa par bateau. 24h de bateau, des paysages sublimes, des lumières jamais vues auparavant, indescriptible. Bruno et moi nous souhaitons bonne chance pour la suite. Je file chez Augusto et sa famille pour y laisser mon vélo et tracer vers la Guyane pour retrouver Zée que je n’ai pas vu depuis un an. Après 16h de 4×4 sur des pistes defoncées, les colocs de Zee m’acceuillent dans leur coin de paradis, en pleine forêt. Que c’est bon de croiser les copains sur la route, même brièvement. Cayenne étant française, razzia chez le pâtissier!!! Ca cuisine fort et sacrément bien au carbet. On refait le monde, on se raconte des conneries, ho merde, on parle français. Nico et Alex m’emmènent pour une virée sauvage sur Cayenne, by night, énorme! 

Les 10 derniers jours sont passés à la vitesse de l’éclair et il est difficile de tout raconter tellement se fut humainement intense. Je retrouve Augusto et ses parents pour passer la journée ensemble. Leur accueil fait chaud au cœur, je suis comme un coq en pâte! Obrigado a voceis!
Aller, c’est reparti, cette fois pour la remontée de l’amazone, en bateau, je ne sais pas pour combien de temps, j’ai arrêté de prévoir et je me demande si j’irai au bout de ce continent tellement chaque jour est une invitation à rester un peu plus longtemps…



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