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21 jours en terres tupiniquim!

Voila déjà 20 jours passés sur les routes brésiliennes. Nous avons passé hier le cap symbolique des mille premiers kilomètres.Le rythme est là, entre 90 et 110 km les jours de roulage et une pause de 2 jours complets tous les 3 jours. Je vous le concède, on avance peu. Ce n’est tout de même pas de notre faute s’il y a tant de choses à faire… Prenons le dernier épisode à Jericoacoara par exemple. La plage idyllique, les dunes de sable blanc, les lagons, et tout et tout… et bien dite vous que 300km après, rebelote!

Nous passons 3 jours sur la tranquille BR402 avec ses longues lignes de droites monotones, sans ombre, et au relief rappelant l’Oural (montagne russe pour ce qui ne suivent pas). Les 40 degrés viennent en général à bout de notre courage vers 12h, ça laisse 5h30 pour rouler, 70km avec les pauses. Cela sonne le déjeuner, généralement copieux avec sardines, oeufs durs et bananes. Le plus souvent nous nous rabattons sur le self service et son inébranlable PF : prato feito. Pas un jour ne passe sans la consommation de haricots rouges. Qu’ils soient sous forme le de baiaõ, de feijaõ, de feijoada, impossible d’y couper. Riz et haricots cumulent ensemble pas loin de 30 mètres de linéaire dans un supermarché, juste devant le liquide vaisselle. Ne cherchez pas à comprendre, surement un problème de franco fournisseur. Après la parenthèse marchandisage, une parenthèse gastrique. Le fond du cuissard ne change pas de couleur, ce sont probablement de faux haricots….

Après une nuit dans un restaurant, une dans la nature et une dans une station service 4 étoiles, nous voila dans le parc national du Lencois Maranhenses. C’est á Barreirinhas, ville de pêcheurs mais aussi tournée vers le tourisme que nous poserons les sacoches pour 2 jours, non, 3 c’est mieux.

En arrivant, personne, installation bancale, tout fonctionne, parfois par magie mais ça fonctionne. Cette auberge est une vision microscopique du Brésil. Tout est dans ‘’l’à peu près’’. Les routes sont pleines de nids de poules, les maisons ne sont jamais finies, les voitures tiennent avec du fil, comme les bikinis. Il n’y a pas de poubelle, j’ai vu un enfant ramasser à mains nues les ordures laissées par les marchands et les mettre dans le camion poubelle. Les plafonds sont faits de volets en PVC et le reste sert de tablette pour écrire la commande dans le resto, c’est ca le Brésil, ou au moins le Nordeste. Des hommes, des idées et beaucoup de magie, et ca fonctionne. Nous nous amusons souvent dans les supermarchés à qualifier la bouffe de fonctionnelle, « on devrait pouvoir faire 20km avec cette barre pleine d’huile de palme »…. Le Brésil n’a pas le temps ni l’envie de s’attarder aux apparences qui ne rentrent pas en compte dans la séduction. L’interrupteur allume et éteint la lumière, c’est bien tout ce qu’on lui demande. Qu’il soit de travers, peu importe.

Mais revenons a cette auberge bancale, mais qui tient debout, vous connaissez le principe maintenant. Nous arrivons assez tôt, 15h. Lors de la dégustation de notre « prato feito » quotidien, un voyageur remarque les vélos stationnés devant le self et vient discuter, Tales. Il nous dit qu’il est dans une super auberge, ou les gens sont cool et peu chère. Cela nous suffit pour le suivre. L’auberge a une arrière cour. Les plantes sont dans des pots de peintures éventrés, le barbecue sert de dépotoir, la porte de la douche-toilette ne ferme pas, mais nous pouvons y mettre la tente, 2 fois moins cher, banco.

Nous passons une chantante et souriante soirée, cerveja bem gelada e cachaça. La guitare sort de son étui, vocalise et sourire dansent ensemble sur le ponton de bois. Les pêcheurs vivent le jour du poisson et rêve la nuit de sirènes.
La chaude lumière du soleil à réveiller l’auberge, nous sommes bien dans la tente, à l’ombre, au frais. Le temps d’avaler un petit déjeuner, abacaxi, maracuja, goiabada, œuf, et un 4×4 est sur le perron. C’est parti pour une ballade dans le parc national du le Lencois Maranhense. 1h de piste de sable au milieu d’une végétation extrêmement dense. Passage à gai, branche dans la tête, le voyage est épique. La voiture s’arrête au pied d’une dune abrupte, il suffit de mettre les bras devant soi pour toucher le sable… tout le monde grimpe, chacun son rythme. Soudain, le merveilleux, le féerique, la beauté surgit et s’impose. Une immense mer de sable blanc, posée au pied d’un ciel bleu foncé, aux creux des vagues de sable se forment des réserves d’eau de pluie, turquoises. Je redécouvre le plaisir de la nage, yeux et branchies grands ouverts, c’est le kiff.

Le soleil tombe et lago paraiso offre sans pudeur toute sa beauté naturelle. Les reflets, les ombres, les sourires, les joies, la grandeur, sont autant de couleur pour cette fresque de Iemanja.
Il est malheureusement temps de rentrer, comblé. Si vous passez par là, passez y la nuit pour observer les étoiles et vous offrir de somptueux bains de minuit avec la lune comme lampadaire.
Ce soir, nous avons des représentants d’Italie, du Brésil, d’Argentine et de France, ce sera une soirée crêpe.

Tout le monde s’endort sur cette journée pleine de buena onda et le groupe s’autoproclamera la galera, qui se traduirait par bande de potes.

Le lendemain, tout le monde part, séparément, ensemble, vers le nord, vers le sud. Guilla et Mateo pour Jerri, Tales part pour le Sud avec son beau vélo sur lequel un beau message politique dit « Fora Temer ». Elisabeth et Lucas partent pour São Luis dans la soirée.

Dernier jour, je pars pour Atins, village isolé de pêcheurs mais pourtant prisé des touristes. 1h de bateau pour y arriver. Le bateau taxi nous dit de descendre, il n’y a rien sinon une petite planche indiquant un restaurant. Niveau tranquillité, il est évident que Atins marque des points. Ce village accessible en bateau uniquement à marée haute est également un spot de kite mais pour touriste fortuné, 100€ de l’heure…

Samedi, en avant pour São Luis! 97km pour s’échauffer et une nuit dans la station service pour se reposer. 110km le lendemain. Nous arrivons à Bacabeira épuisés. Nous avons faim. Une boutique à la devanture aguichante propose du Acai. Sorte de jus de fruit bien glacé accompagné de fruit et de céréales. Gros craquage, on s’enfile 5 bols du dit breuvage, dont 3 pour Bruno. Paraît il que c’est la première fois que quelqu’un en prend autant. Nous leur demandons où est la station la plus proche pour prendre une douche. Petite partie d’échec en attendant le refroidissement du corps et le père de famille arrive, Gustavo. La famille nous invite à rester dans une maison vide qu’elle possède et à aller à la fête ensemble. Nous sommes comblés. Nous remarquons que seuls les hommes nous invitent, les femmes mettent toujours beaucoup de distance lorsqu’elles sont mères. Malgré les difficultés de communication, les enfants sont ravis de parler à des gringos. Je leur dis qu’il est important de parler anglais s’ils veulent voyager plus tard. Réflexion faite, l’espagnol suffit pour faire l’Amérique du Sud.

Derniers acaï pour le petit déjeuner et 67km pour arriver à São Luis, capitale de l’état du Maranhao, un peu plus de 1000km après notre début ici le 10 juin.

Historiquement, Saint Louis a été fondé par les français puis pris de force par les portugais, étonnant que l’on ne parle pas de cette défaite dans les livres d’histoire…

C’est une ville au riche passé mais qui malheureusement n’a plus les moyens d’entretenir le fabuleux patrimoine laissé par l’envahisseur. Les maisons sont toutes colorées et le centre de la ville brille de mille azuléjos traditionnel.

C’est aussi une ville à la réputation sulfureuse. Ici les écarts de richesses sont colossaux. Il suffit de faire un tour au supermarché pour comprendre à quel point la vie est cher ici, mais au Brésil en général. Les produits transformés ou importés sont intouchables! 64€ le kilo de brie! 6€ le pot de moutarde, 5€ la chouffe de 33cl, 90€ le champagne le moins cher. Vinicius, notre hôte, nous explique que la classe moyenne brésilienne ne souhaite pas que ces produits soient accessibles à la majorité. Quitte à payer le prix fort, ces nouveaux riches sont peu enclin à partager. Scène improbable 10 jours auparavant, pour monter dans une barque au départ de la plage, toute une famille aisée laisse ses tongs sur la plage, se fait nettoyer les pieds à bord, puis les tongs, normal…

Revenons à São Luis. Elle est également considérée capitale du reggae au Brésil. Il est vrai que l’on voit souvent du rouge accompagné et les verts et jaunes nationaux. Bob Marley et autre compère jamaïcains sont écoutés à tue-tête dans les bars et les voitures, certaines effluves rappellent l’histoire du textile.

C’est une très belle ville pleine de contradictions, c’est la capitale d’un état brésilien. Nous sommes restés 3 jours ici, pour une raison: la São Pedro, une des fêtes les plus importantes de la São Joao. Les fêtes de São Joao durent un mois, dans tout le Brésil! Le 28 juin, c’est la São Pedro, date durant laquelle les plus grandes troupes de bumba meu boi viennent présenter leur spectacle. Cette danse met en scène 2 bœufs dansant avec des villageois et dès chasseurs aux tenues des plus brillantes et séduisantes possibles. Le lieu est comble, musiciens et chanteurs mettent en rythme les joies de leur état, le maranhao.

C’est là un grand moment de vie locale. Après le spectacle, nous referons le monde dans les bars, la cachaca permettant de refaire le monde très rapidement et avec plus de couleur qu’avec la bière.
Ps: j’essaie de faire court…

 

 

 

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